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Oeuvre d'infusion et de métamorphoses, ou de transmutation si l'on veut retenir la métaphore alchimiste. Car, de la Sologne à Nice, c'est toujours la même nature qui en est le fond, d'où elle vient et où elle retourne, à laquelle lui aussi retourne, pour créer. Qu'est donc l'art sinon cette tentative incessante d'exprimer de façon infiniment variée, le Même ?

Depuis les quatre éléments premiers, depuis la terre originelle, depuis les pigments qu'elle produit, le bois et les cactées qu'elle fait pousser, greffées
de petites têtes sculptées, Alain Boullet produit une oeuvre, certes d'abord rapportée à l'eau et au feu - éléments contraires chargés d'une forte symbolique - mais surtout à la terre et à l'air, s'alliant eux-mêmes dans une démiurgie artistique où cet " atelier du monde " réplique pour une part l'atelier cosmique de la démiurgie originelle de la Terre.

Aller à la terre, intimement, y revenir, avec elle jouer de l'eau, de l'air et du feu, correspond à une quête de fiançailles permanentes avec la nature, façon - selon
ce qu'on peut nommer ici une mystique physique et plastique - d'être poétiquement, sensiblement, essentiellement présent au monde en tant que créateur, et de nous permettre, par là, de nous en rapprocher.

Somme toute une autre façon de faire l'expérience de la pesanteur
et de la grâce.

Jean-Claude Villain - 2005