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Cette attitude fait penser à celle du peintre chinois qui consiste à réaliser le paysage idéal à partir du vide. Et pour Alain Boullet le vide peut se comprendre dans l'absence. C'est à partir de cette absence impression du vide que s'impose son espace pictural. Mais c'est aussi à partir du vide, comme le conçoit le peintre chinois, qu'Alain Boullet amène du fond le paysage.
Le vide est une distance nécessaire à l'acte de peintre. Celui-ci se construit ici par le jeu du recouvrement donc de l'effacement. Il amène à la surface le flou, l'incertain, le vague et l'indécis. C'est pour cela que cette peinture est une peinture du désir de lieu, désir de terre, de lumière. Cette approche du précis et de l'indécis est celle qui fonde l'unité de l'espace pictural conçu par le peintre.
Lecteur des préceptes du moine Citrouille amer, Alain Boullet nous livre cette sensation que l'acte de peindre aujourd'hui se révèle dans la tension entre le ciel et la terre, le haut et le bas.

"La terre vient de Sologne, des étangs ; c'est une terre grasse et généreuse.
A pétrir longuement pour la purifier, la rendre homogène. Alors, cette terre souple et tendre est prête " dit Alain Boullet. Ses sculptures sont faites de cette glaise brune et verdâtre.
Si sa peinture est dans l'éloignement du lieu pour inventer l'espace de ce lieu,
sa sculpture part du lieu même : de son réel.
Puiser dans la terre glaise des étangs de Sologne la matière première qui va lui
permettre de façonner des corps. Dans cette intention entre la peinture
et la sculpture, Alain Boullet fait de son corps d'artiste le trait d'union entre le lieu
réel et l'imaginaire du lieu. " Etre enfoncé dans la glaise pendant des heures "
dit-il. De cette expèrience, c'est l'absorption du temps qui active la pensée entre le sol et le ciel. Puiser d'un coté la chair de la terre, étaler de l'autre la lumière diaphane pour faire advenir l'image.



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