< Retour Peinture
< Retour Editions

 

 

 

Si sa peinture se confronte à l'immensité ou à la torpeur du paysage, sa sculpture qui envisage le corps se revèle par la nature de la cuisson - la terre étant plongée directement dans le feu, à l'africaine. Provoquant des traces de cuisson aléatoires, claires et foncées, permettant d'envisager la présence de paysages inattendus à même la surface - aussi bien dans sa taille que dans cette sorte de greffe entre plante et corps.
Corps dépouillé, figure ramenée à l'intensité des cavités oculaires, faites par
les pouces légèrement enfoncés dans la terre. La sculpture d'Alain Boullet nous renvoie à son attitude d'artiste, sobre et liée à la nature.

Pour apprécier une telle oeuvre, il est nécéssaire de s'attarder sur la présence
de cet homme qui peint ou sculpte, non pas pour s'affronter à lui-même ou au monde mais pour s'effacer ou s'envelopper. L'art n'est ni dans le vécu, ni dans l'expérience, ni dans la pensée mais avec Alain Boullet, l'Art est dans un entre deux, ou dans l' Ouvert de l'homme et de la nature.

                                                                 Patrick Rosiu, Vence - 2007